Hot house l'interrogatoire

© Julien de Lemos

HOT HOUSE

Satire cauchemardesque d'Harold Pinter

Création en décembre 2007

" Une simple vérité peut souvent être quelque chose de plus effrayant que l’ambiguïté et le doute. " Harold Pinter

Le théâtre d’Harold Pinter ne manque pas de similitudes avec celui de Beckett et de Ionesco : le même refus de toute compromission, le même mépris de la leçon idéologique, le même questionnement existentiel, la même conception musicale des dialogues et monologues, la même brutalité des structures et le même goût de l’équivoque, cet humour étrange qui ose prendre le risque du tragique.

Pièce de jeunesse au destin étrange écrite en 1959 que Pinter a « mise de côté » jusqu’à en oublier l’existence pour la redécouvrir en 1980 et la monter avec enthousiasme, Hot House est sans conteste la pièce la plus violemment satirique et jubilatoire de son oeuvre. Les personnages sont les cadres d’une institution bureaucratique non définie. Des patients que l’on ne voit jamais sont nommés par des numéros matricules. S’agit-il d’une maison de repos, d’un hôpital, d’un camp de concentration ?

Satire féroce sur le pouvoir et l’ambition, à la fois comique et terrifiante, Hot House est l’oeuvre d’un jeune auteur. Elle appartient à ce qu’on appelle alors le « théâtre de la menace ». Harold Pinter y explore, avec un humour kafkaïen, le danger permanent inhérent au langage (malentendus, sous-entendus, pas entendus du tout) et les comportements qui en résultent (paranoïa, sado-masochisme, schizophrénie...).

J’ai demandé aux acteurs de rendre compte de ce malaise, de ce sadisme jovial et de l’atmosphère explosive de cette « serre ».
L’espace de jeu est clos, plus à la manière d’un bocal que d’un bunker ; car de même que dans 1984 de George Orwell ou dans Brazil de Terry Gilliam, les protagonistes de Hot House ont la certitude angoissante d’être scrutés comme... des acteurs.

Jérémie Le Louët